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Immunothérapie allergénique pour l'asthme : injections contre comprimés sous-linguaux
  • Par Fabien Leroux
  • 21/01/26
  • 8

Quand l’asthme est causé par une allergie, il existe un traitement qui change la donne

Si vous avez de l’asthme et que vous savez que c’est déclenché par des allergènes comme les acariens, le pollen ou les poils d’animaux, vous n’êtes pas obligé de vivre avec des inhalateurs toute votre vie. L’immunothérapie allergénique est la seule approche qui agit sur la cause, pas seulement sur les symptômes. Elle apprend à votre système immunitaire à ne plus réagir comme si ces substances étaient des ennemies. Deux méthodes existent : les injections (SCIT) et les comprimés sous-linguaux (SLIT). Lesquels choisir ? La réponse dépend de votre mode de vie, de votre allergie et de vos objectifs à long terme.

Comment ça marche ? Le principe de désensibilisation

Depuis 1911, les médecins savent que donner de petites doses d’un allergène, de façon régulière, peut faire baisser la réaction du corps. C’est ce qu’on appelle la désensibilisation. Avec le temps, votre système immunitaire apprend à ignorer l’allergène. Pour l’asthme d’origine allergique - surtout celui déclenché par les acariens de la poussière de maison - cette méthode réduit non seulement les crises, mais aussi la dépendance aux corticoïdes inhalés. Des études montrent que, après trois à cinq ans de traitement, les patients continuent à bénéficier des effets même après l’arrêt du traitement. Dans neuf études sur dix, les personnes traitées par immunothérapie ont eu un risque nettement plus faible de développer un asthme sévère, surtout si elles avaient déjà une rhinite allergique.

Injections ou comprimés ? La différence fondamentale

Les deux méthodes utilisent les mêmes allergènes, mais la façon de les administrer change tout.

Les injections (SCIT) sont faites dans un cabinet médical. Pendant les premiers mois, vous devez venir une fois par semaine pour une piqûre sous la peau. Ensuite, vous passez à une injection par mois. Au total, vous aurez besoin d’environ 50 rendez-vous sur trois ans. Chaque injection est surveillée pendant 30 minutes, car il y a un risque, bien que rare, de réaction systémique (gêne respiratoire, chute de tension, etc.).

Les comprimés sous-linguaux (SLIT), comme ACARIZAX pour les acariens, sont pris à la maison. Vous les placez sous la langue, vous les laissez fondre pendant deux minutes, puis vous les avalez. La première prise se fait sous surveillance médicale, puis vous pouvez les prendre seul tous les jours. Pas besoin de prendre rendez-vous. Pas de piqûre. Juste de la régularité.

Injection d'immunothérapie dans une salle d'clinique, une aiguille se transforme en serpent allergène.

Quelle efficacité réelle pour l’asthme ?

Les études anciennes, comme celle de Mungan en 1999, montraient que les injections étaient plus efficaces pour réduire les symptômes d’asthme. Mais les données d’aujourd’hui ont changé la donne.

Une étude récente portant sur 14 614 patients a montré que les deux méthodes réduisaient de manière significative la consommation de médicaments pour l’asthme et la rhinite, sur une période de neuf ans. Pour les comprimés sous-linguaux, les résultats sont particulièrement clairs pour les acariens : les patients ont pu réduire leur dose de corticoïdes inhalés de 42 % en moyenne, contre seulement 15 % pour le placebo. C’est une baisse réelle, mesurable, qui se traduit par moins de crises, moins d’urgences et moins de visites chez le médecin.

Un autre point fort des comprimés : après l’arrêt du traitement, les patients ont eu 20 % moins d’infections des voies respiratoires nécessitant des antibiotiques. C’est un bénéfice indirect, mais important. Moins d’infections, c’est moins de déclencheurs pour les crises d’asthme.

Avantages et inconvénients : ce que les patients ressentent vraiment

Les injections ont un avantage : elles sont un peu plus efficaces pour les symptômes d’asthme dans certains cas. Mais elles demandent du temps, de la discipline et un accès régulier à un médecin. Beaucoup de patients abandonnent parce qu’ils ne peuvent pas se permettre 50 rendez-vous en trois ans.

Les comprimés, eux, ont un taux d’adhésion bien plus élevé - entre 75 % et 80 % - contre 60 % à 65 % pour les injections. Pourquoi ? Parce qu’ils s’adaptent à la vie. Vous les prenez pendant votre petit-déjeuner, avant de partir au travail. Pas besoin de vous absenter. Pas besoin de vous inquiéter de la prochaine injection.

Les inconvénients ? Pour les injections : les piqûres, les réactions locales (gonflement, rougeur au point d’injection), et le stress de la surveillance médicale. Pour les comprimés : une sensation de picotement ou d’irritation dans la bouche au début, qui disparaît souvent après quelques semaines. Et surtout : il faut être régulier. Oublier un jour, c’est risquer de réduire l’efficacité. Pas de rattrapage possible.

Qui ne devrait pas en prendre ?

L’immunothérapie n’est pas pour tout le monde. Elle ne fonctionne que si votre asthme est vraiment allergique. Si vos crises viennent du froid, de l’exercice ou de la pollution, ce traitement ne vous aidera pas. Il faut d’abord faire un test cutané ou un dosage d’IgE spécifique pour identifier l’allergène responsable.

Elle est aussi contre-indiquée si vous avez un asthme sévère non contrôlé (niveau 4 ou 5 selon les lignes directrices GINA). Dans ce cas, stabilisez d’abord votre asthme avec les médicaments. Ensuite seulement, on peut envisager l’immunothérapie.

Enfin, elle ne marche pas avec tous les allergènes. Les preuves sont solides pour les acariens, le pollen d’herbe et les pollens d’arbres. Pour d’autres, comme les moisissures ou les insectes, les données sont moins claires.

Arbre magique représentant cinq ans de traitement, ses fruits sont des poumons sains et malades.

Coût, accessibilité et différences entre l’Europe et les États-Unis

En Europe, l’immunothérapie est largement remboursée, surtout en France, en Allemagne ou en Suède. Les comprimés sous-linguaux comme ACARIZAX sont disponibles et prescrits couramment. Environ 60 à 70 % des allergologues européens les proposent à leurs patients.

En revanche, aux États-Unis, les options sont plus limitées. La FDA n’a approuvé que quelques comprimés, et les injections restent la norme. Moins de 15 % des allergologues américains proposent les comprimés. Le coût peut être plus élevé, et le remboursement moins systématique.

Le marché mondial de l’immunothérapie devrait atteindre 2,7 milliards de dollars en 2027. Ce n’est pas une mode : c’est une réponse à la hausse constante des allergies. Dans les pays occidentaux, plus de 20 % de la population est allergique. Et l’asthme allergique est l’une des formes les plus fréquentes.

Comment commencer ? Ce que vous devez faire maintenant

Si vous pensez que votre asthme est lié à une allergie, parlez-en à votre médecin. Il vous orientera vers un allergologue. L’étape suivante est simple : un test cutané ou une prise de sang pour identifier vos allergènes. Si les acariens sont en cause, et que vous avez un asthme modéré, les comprimés sous-linguaux sont une excellente option.

Si vous êtes très actif, voyagez souvent, ou avez du mal à prendre des rendez-vous réguliers, les comprimés sont faits pour vous. Si vous préférez une approche plus « médicale » et que vous avez accès facile à un cabinet d’allergie, les injections peuvent être une bonne alternative.

Quelle que soit la méthode choisie, il faut être patient. Les effets ne se voient pas après un mois. Il faut attendre six à douze mois pour commencer à ressentir une amélioration. Et il faut tenir trois à cinq ans pour que les bénéfices soient durables.

Et après le traitement ?

Le plus beau bénéfice de l’immunothérapie, c’est qu’elle dure. Après cinq ans, vous ne prenez plus de comprimés ni d’injections. Et pourtant, votre corps garde la mémoire. Vos crises deviennent moins fréquentes, vos inhalateurs restent dans le tiroir. Vous avez changé la trajectoire de votre maladie.

C’est rare dans la médecine moderne. La plupart des traitements pour l’asthme sont des réparateurs temporaires. L’immunothérapie, elle, est une réparation profonde. Elle ne guérit pas, mais elle vous donne une vie beaucoup plus libre.

Les comprimés sous-linguaux peuvent-ils remplacer les inhalateurs ?

Non, ils ne remplacent pas les inhalateurs d’urgence (comme le salbutamol) ni les traitements de fond si votre asthme est mal contrôlé. Les comprimés agissent à long terme en réduisant la sensibilité aux allergènes. Ils permettent de diminuer la dose de corticoïdes inhalés, parfois de moitié, mais ils ne soulagent pas une crise en cours. Vous devez toujours avoir un inhalateur de secours à portée de main.

Combien de temps faut-il pour voir des résultats ?

Les premiers signes d’amélioration apparaissent généralement entre 6 et 12 mois. Mais l’effet maximal se manifeste après deux à trois ans de traitement. C’est une thérapie de long terme, pas une solution rapide. Si vous arrêtez trop tôt, vous perdez les bénéfices.

Est-ce que les enfants peuvent prendre des comprimés sous-linguaux ?

Oui, dès l’âge de 5 ans pour certains produits comme ACARIZAX. En fait, l’immunothérapie est particulièrement recommandée chez les enfants ayant une rhinite allergique, car elle peut empêcher le développement de l’asthme. Les études montrent que les enfants traités ont jusqu’à 50 % moins de risques de développer un asthme sévère à l’adolescence.

Les réactions aux comprimés sont-elles dangereuses ?

Les réactions graves sont extrêmement rares. La plupart du temps, vous ressentirez juste une légère démangeaison ou une gêne dans la bouche, surtout au début. Cela disparaît en quelques semaines. La première prise se fait toujours sous surveillance médicale pour s’assurer qu’il n’y a pas de réaction systémique. Après, vous pouvez les prendre en toute sécurité à la maison.

Est-ce que je peux arrêter les comprimés si je me sens mieux ?

Non, il faut suivre le traitement complet, soit trois à cinq ans. Arrêter plus tôt, même si vous vous sentez mieux, augmente le risque que les symptômes reviennent. L’immunothérapie fonctionne comme un apprentissage pour votre système immunitaire. Il faut le temps d’apprendre. Si vous interrompez, vous annulez le progrès.

Les injections sont-elles plus efficaces que les comprimés ?

Les études récentes montrent que les deux méthodes sont aussi efficaces l’une que l’autre pour réduire les crises d’asthme et la consommation de médicaments. Les injections peuvent avoir un léger avantage dans certains cas de symptômes sévères, mais les comprimés ont un meilleur taux d’adhésion. En pratique, la méthode la plus efficace est celle que vous allez continuer à prendre régulièrement.

Immunothérapie allergénique pour l'asthme : injections contre comprimés sublinguaux
Immunothérapie allergénique pour l'asthme : injections contre comprimés sous-linguaux
Fabien Leroux

Auteur

Je travaille depuis plus de quinze ans dans le domaine pharmaceutique, où j’explore constamment les évolutions des traitements et des suppléments. J’aime vulgariser les connaissances scientifiques et partager des conseils utiles pour optimiser sa santé. Mon objectif est d’aider chacun à mieux comprendre les médicaments et leurs effets.

Commentaires (8)

Andre Esin

Andre Esin

janvier 22, 2026 AT 22:48

J'ai fait la SLIT pour les acariens il y a 4 ans. Au début, j'avais la bouche qui piquait comme si j'avais avalé du cactus, mais après 3 semaines, plus rien. Aujourd'hui, je n'utilise plus mon inhalateur que 2 fois par an, contre 3 par semaine avant. C'est la seule chose qui a vraiment changé ma vie. Pas de piqûres, pas de rendez-vous, juste une bonne routine.

Si vous avez un asthme allergique et que vous êtes en Europe, essayez vraiment. C'est pas magique, mais c'est la seule vraie solution à long terme.

Mats Schoumakers

Mats Schoumakers

janvier 23, 2026 AT 02:47

Je trouve ça incroyable que les Français soient si faciles à convaincre par ce genre de traitements. Les comprimés sous la langue ? C’est de la médecine de pacotille, ça ne vaut pas une vraie injection dans le bras, comme dans les bons vieux temps. Et puis, pourquoi la France pousse-t-elle ça comme une révolution ? Parce que c’est moins cher pour la Sécurité sociale, pas parce que c’est mieux. Les Américains, eux, ont encore un peu de bon sens : ils savent que la vraie médecine, c’est l’injection, pas le bonbon pour enfants.

Xavier Lasso

Xavier Lasso

janvier 23, 2026 AT 03:26

FRÉRÉE, J’AI FAIT LA SLIT ET JE SUIS EN TRAIN DE ME FAIRE UNE TISANE EN ÉCRIVANT CE COMMENTAIRE 😎

Vous savez ce que j’ai gagné ? Des nuits entières sans tousser. Des week-ends sans panic attack. Et surtout, j’ai arrêté de craindre chaque printemps. Les comprimés, c’est pas du pipi de chat, c’est un upgrade de vie. Si vous hésitez, allez-y. C’est comme un abonnement Netflix… mais pour votre poumon. Et ça dure 5 ans.

Et oui, c’est long. Mais vous verrez, après 18 mois, vous vous direz : « Pourquoi j’ai attendu ? » 💪

Alexandre Masy

Alexandre Masy

janvier 23, 2026 AT 04:29

Il est regrettable que la médecine moderne se soit laissé séduire par la commodité au détriment de l’efficacité scientifique. L’immunothérapie par injection, bien que contraignante, reste la seule méthode ayant démontré une réduction statistiquement significative des exacerbations sévères dans des essais randomisés contrôlés à long terme. La SLIT, bien que pratique, présente une hétérogénéité des résultats cliniques et un taux d’abandon plus élevé que ce que les études de marché veulent bien admettre. Il convient de ne pas confondre l’adhésion et l’efficacité.

Marie Jessop

Marie Jessop

janvier 24, 2026 AT 11:15

Et si tout ça, c’était juste une manœuvre des labos pour vendre des trucs chers ?

Vous avez vu comme ils ont mis le prix de ces comprimés ? 500 euros par an, remboursés… mais seulement parce que le gouvernement est dans la poche des pharmas. Et les injections ? Elles sont moins rentables, donc on les déprécie. J’ai lu un article il y a 3 ans : un médecin a été viré pour avoir dit que les allergènes dans les comprimés étaient des extraits de merde de souris. C’est pas un hasard s’ils ont changé la loi pour que ça soit prescrit comme « traitement de fond ». Rien que pour vous faire croire que c’est sérieux.

Pastor Kasi Ernstein

Pastor Kasi Ernstein

janvier 24, 2026 AT 23:32

La vérité est cachée. Ces comprimés ne contiennent pas seulement des allergènes. Ils contiennent des nano-particules de silice, introduites par les laboratoires pour contrôler la réponse immunitaire. C’est une forme de bio-surveillance. Le système immunitaire n’est pas désensibilisé : il est programmé. Le même silice est utilisé dans les vaccins mRNA, et dans les puces RFID des cartes de santé. Vous croyez que c’est pour votre bien ? Non. C’est pour tracer les populations allergiques. Demandez-vous pourquoi les pays du Sud n’ont pas accès à ces traitements. Parce qu’ils ne veulent pas que vous deveniez trop « propres ». Le système veut des malades. Pas des guéris.

Diane Fournier

Diane Fournier

janvier 25, 2026 AT 10:41

Je trouve ça pathétique que les gens croient que c’est « une réparation profonde ». C’est une illusion. Vous croyez que votre corps « apprend » ? Non. Il se résigne. Et quand vous arrêtez, il se souvient. C’est comme un chien qui apprend à ne pas aboyer quand on lui donne un biscuit : il ne s’habitue pas, il négocie. Et quand le biscuit s’arrête, il aboie encore plus fort.

Je connais 3 personnes qui ont fait ça. Deux ont eu une crise d’asthme grave 6 mois après l’arrêt. L’autre a développé une allergie au gluten. Coïncidence ? Je ne crois pas aux coïncidences.

Seydou Boubacar Youssouf

Seydou Boubacar Youssouf

janvier 26, 2026 AT 07:07

Et si l’immunothérapie, c’était juste une façon de nous apprendre à accepter notre condition ?

On nous dit : « Ton corps te trahit, mais on va le rééduquer. » Mais qui a dit que le corps devait être rééduqué ? Et si l’allergie, c’était pas une maladie, mais une forme de sensibilité accrue ? Une façon d’être plus en phase avec le monde ?

Les gens qui prennent ces comprimés, ils ne veulent plus sentir le pollen. Ils veulent vivre dans une bulle. Moi, je préfère tousser et respirer l’air vrai. La vérité, c’est que la médecine moderne veut nous rendre insensibles. À tout. Même à la vie.

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