Si vous souffrez d’asthme allergique, vous savez à quel point les médicaments comme les corticoïdes inhalés peuvent devenir une routine pesante. Et si vous pouviez faire quelque chose de plus que masquer les symptômes ? Et si vous pouviez changer la façon dont votre corps réagit aux allergènes, pour de bon ? C’est exactement ce que propose l’immunothérapie allergénique (AIT). Pas une cure magique, mais une approche qui agit sur la cause, pas seulement sur le symptôme.
Comment ça marche ?
L’immunothérapie allergénique, c’est comme un entraînement pour votre système immunitaire. Au lieu de le laisser réagir comme un alarme déclenchée à chaque contact avec un allergène - comme les acariens, le pollen ou les poils d’animaux - on lui donne de petites doses croissantes de cet allergène. Petit à petit, il apprend à ne plus le voir comme une menace. Ce n’est pas un traitement à court terme. Il faut compter entre trois et cinq ans pour voir les effets durables. Mais une fois terminé, beaucoup de patients continuent à respirer mieux, même sans médicaments.
Il existe deux façons de faire ça : les injections sous la peau (SCIT) et les comprimés ou gouttes sous la langue (SLIT). Les deux sont efficaces, mais elles ne sont pas pareilles. Et le choix entre les deux dépend de votre mode de vie, de votre allergie, et de votre tolérance aux effets secondaires.
Injections sous la peau : le classique, mais pas toujours pratique
Les injections, ou « piqûres d’allergie », c’est la méthode la plus ancienne. Inventée en 1911, elle reste la référence dans beaucoup d’endroits. Chaque semaine, pendant trois à six mois, vous devez vous rendre chez votre allergologue pour recevoir une piqûre sous la peau du bras. Ensuite, vous passez à une injection par mois, pendant plusieurs années. Au total, vous allez faire environ 50 visites sur trois ans.
Les avantages ? Elle est efficace pour plusieurs allergènes à la fois. Si vous êtes allergique à la fois aux acariens et au pollen, vous pouvez recevoir un mélange dans la même injection. Elle a aussi une longue histoire de preuves scientifiques, surtout pour l’asthme. Des études comme celle de Mungan en 1999 ont montré une réduction claire des symptômes d’asthme et de rhinite.
Les inconvénients ? La logistique. Rater une injection, c’est repartir à zéro. Les piqûres peuvent être douloureuses, et il y a un risque de réaction systémique - même si rare. C’est pourquoi vous devez rester 30 minutes après chaque injection, sous surveillance. Pour les personnes actives, les parents avec des enfants, ou celles qui vivent loin d’un centre spécialisé, ça peut devenir un fardeau.
Comprimés sous la langue : la révolution silencieuse
Les comprimés sublinguaux, comme ACARIZAX pour les acariens, ont changé la donne. Vous les prenez chez vous, tous les jours, après la première dose supervisée par un médecin. Pas besoin de venir en consultation chaque semaine. Vous les posez sous la langue, vous les laissez fondre pendant deux minutes, puis vous les avalez. C’est simple. C’est discret. Et ça marche.
Une étude récente d’Asperti en 2024 a montré que les patients qui ont pris le comprimé à la dose maximale (6 SQ-HDM) ont réduit leur dose quotidienne de corticoïdes inhalés de 42 % en moyenne. Pour comparaison, le groupe placebo n’a réduit que 15 %. Ce n’est pas une petite différence. Cela signifie moins de médicaments, moins d’effets secondaires, et moins de coûts.
Les réactions locales sont fréquentes - une démangeaison dans la bouche, un gonflement léger de la langue - mais elles disparaissent généralement après quelques semaines. Les réactions systémiques graves sont extrêmement rares. Et contrairement aux injections, vous pouvez les prendre pendant un voyage, pendant une maladie, ou même si vous êtes en retard. La flexibilité est un atout majeur.
Comparaison directe : efficacité, sécurité, praticité
Les deux méthodes réduisent les crises d’asthme, les hospitalisations et les besoins en médicaments. Mais voici comment elles se comparent sur les points qui comptent vraiment :
| Critère | Injections (SCIT) | Comprimés (SLIT) |
|---|---|---|
| Fréquence des visites | 50+ visites sur 3 ans | 1 visite initiale + auto-administration quotidienne |
| Effet sur l’asthme | Élevé, bien documenté | Élevé, surtout pour les acariens |
| Réduction des corticoïdes | 30-40 % | 40-42 % (dose maximale) |
| Risque de réaction grave | Plus élevé (nécessite surveillance) | Très faible |
| Adhérence à long terme | 60-65 % | 75-80 % |
| Allergènes traités | Plusieurs en même temps | Un seul par comprimé (ex: acariens) |
Si vous êtes allergique à plusieurs choses - pollen, acariens, chats - les injections restent la seule option pour traiter tout ça en même temps. Mais si votre asthme est surtout déclenché par les acariens, comme c’est souvent le cas chez les adultes vivant en ville, les comprimés sont souvent la meilleure solution.
Qui ne devrait pas en prendre ?
L’immunothérapie, quelle que soit la forme, n’est pas pour tout le monde. Elle ne marche pas si :
- Votre asthme est sévère et mal contrôlé (niveau GINA 4 ou 5)
- Vos crises sont déclenchées par des facteurs non allergiques (froid, exercice, pollution)
- Vous avez une maladie auto-immune ou un cancer actif
- Vous prenez des bêta-bloquants (certains médicaments pour la pression artérielle)
Il faut aussi avoir un diagnostic précis. Pas de test cutané ni de dosage des IgE spécifiques ? Pas d’AIT. Vous ne pouvez pas traiter un allergène que vous ne connaissez pas. Et ça ne marche pas avec tous les allergènes. Les preuves sont solides pour les acariens, le pollen d’herbe et les pollens d’arbres. Pour d’autres, comme les champignons ou les insectes, les données sont encore limitées.
Et après le traitement ?
Le vrai avantage de l’AIT, c’est ce qui arrive après. Pas juste pendant les trois ans où vous prenez les comprimés ou les piqûres. Mais après. Une étude suédoise a suivi des patients pendant neuf ans après l’arrêt du traitement. Ceux qui avaient reçu une immunothérapie avaient encore 20 % moins d’infections des voies respiratoires nécessitant des antibiotiques. Et les enfants allergiques à la rhinite ont jusqu’à 70 % moins de risque de développer un asthme plus tard.
Ça veut dire que l’AIT ne soigne pas juste les symptômes d’aujourd’hui. Elle change le futur. Elle peut empêcher une maladie chronique de s’aggraver. C’est rare dans la médecine moderne.
Le choix : ce qui marche pour vous
Alors, injections ou comprimés ?
Choisissez les injections si :
- Votre asthme est déclenché par plusieurs allergènes
- Vous avez un bon accès à un centre allergologique
- Vous n’avez pas peur des piqûres
- Vous pouvez vous permettre de vous rendre régulièrement en consultation
Choisissez les comprimés si :
- Votre asthme est lié principalement aux acariens
- Vous avez un emploi du temps chargé
- Vous préférez éviter les piqûres
- Vous êtes prêt à prendre un comprimé chaque jour, sans faute
Il n’y a pas de bonne ou mauvaise option. Il y a juste ce qui correspond à votre vie. Et ça, c’est ce qui fait la différence entre un traitement qui marche, et un traitement que vous abandonnez.
Et maintenant ?
Si vous pensez que l’immunothérapie pourrait vous aider, parlez-en à votre allergologue. Ne vous contentez pas de prendre vos inhalateurs. Posez les bonnes questions : « Est-ce que mon asthme est vraiment allergique ? » « Quel est l’allergène principal ? » « Est-ce que je suis un bon candidat pour les comprimés ? »
Les traitements pour l’asthme ont évolué. Et maintenant, il y a une voie qui va au-delà du soulagement. Une voie qui vous donne le contrôle, sur le long terme. Il ne s’agit pas de guérir. Il s’agit de réapprendre à respirer, sans peur.
Les comprimés SLIT fonctionnent-ils vraiment pour l’asthme, ou seulement pour la rhinite ?
Oui, ils fonctionnent pour l’asthme, surtout quand il est déclenché par les acariens. Des études récentes, comme celle d’Asperti en 2024, montrent une réduction significative des crises, des hospitalisations et de la dose de corticoïdes inhalés. Ce n’est plus une théorie : c’est une pratique validée par des essais cliniques et des données réelles.
Combien de temps faut-il pour voir les résultats ?
Les premiers effets, comme une réduction des symptômes, apparaissent généralement après 6 à 12 mois. Mais les bénéfices durables - moins de médicaments, moins de crises même après l’arrêt - ne se voient qu’après 3 à 5 ans de traitement. Il faut de la patience, mais les résultats durent souvent des années.
Est-ce que l’immunothérapie est remboursée en France ?
Oui, les deux formes sont remboursées par la Sécurité sociale en France, à condition d’être prescrites par un allergologue et d’être utilisées selon les indications approuvées. Les comprimés comme ACARIZAX sont remboursés à 65 %, et les injections aussi, avec une prise en charge similaire. Vérifiez toujours avec votre médecin ou votre caisse.
Peut-on faire l’immunothérapie pendant la grossesse ?
Si vous êtes déjà en traitement avant la grossesse, vous pouvez généralement continuer, sous surveillance. Mais il est déconseillé de commencer l’AIT pendant la grossesse, surtout les injections, en raison du risque potentiel de réaction allergique. Parlez-en à votre allergologue dès que vous savez que vous êtes enceinte.
Les enfants peuvent-ils prendre des comprimés SLIT ?
Oui, les comprimés SLIT sont approuvés pour les enfants à partir de 5 ans. En fait, c’est souvent une excellente option pour eux : moins d’injections, moins de visites, et surtout, ils réduisent le risque que la rhinite allergique évolue en asthme. Les études montrent que l’AIT chez les enfants peut changer leur trajectoire de santé à long terme.
Que se passe-t-il si j’oublie un comprimé ?
Si vous oubliez un jour, ne doublez pas la dose le lendemain. Reprenez simplement votre dose normale le jour suivant. Une ou deux absences ne ruinent pas le traitement. Mais si vous manquez plusieurs semaines d’affilée, cela peut réduire l’efficacité. La régularité est plus importante que la perfection.

Commentaires (10)
Andre Esin
janvier 22, 2026 AT 13:45J'ai fait la SLIT pendant 4 ans pour mes acariens, et franchement, c'était un game-changer. J'ai réduit mes corticoïdes de 70 %, et je respire comme avant 30 ans. La première semaine, j'avais la langue qui piquait, mais après 2 mois, j'oubliais même que je prenais un comprimé. Rien de magique, juste de la régularité.
Mats Schoumakers
janvier 24, 2026 AT 07:47Les injections, c’est la seule méthode sérieuse. Les comprimés, c’est du marketing pour les gens paresseux qui veulent une solution sans effort. En Belgique, on a encore du respect pour la médecine traditionnelle. Vous voulez vraiment guérir ? Allez voir un vrai allergologue, pas juste ouvrir une boîte de pilules comme si c’était un bonbon. Et arrêtez de croire que tout ce qui est pratique est efficace.
Xavier Lasso
janvier 24, 2026 AT 20:27Je suis parent de 2 gosses en SLIT depuis 2 ans, et je peux vous dire : c’est une révolution ! 🙌 On fait ça en pyjama, avant le petit-déjeuner. Mon aîné n’a plus d’asthme en hiver, et la prof m’a dit qu’il ne toussait plus en classe. Je recommande à tous les parents qui en ont marre des inhalateurs qui claquent comme des fusées. C’est pas magique, mais c’est humain.
Alexandre Masy
janvier 26, 2026 AT 12:20Il est regrettable que les autorités sanitaires françaises aient accordé une couverture remboursement aussi généreuse à des traitements dont l'efficacité relative n'est pas toujours démontrée par des essais randomisés contrôlés de grande envergure. La SLIT, bien qu'agréable, présente des biais de sélection dans les études récentes, et les données sur la réduction des hospitalisations sont souvent extrapolées. Une approche plus rigoureuse serait souhaitable.
Marie Jessop
janvier 27, 2026 AT 00:25Les comprimés ? T’as vu le nom de la marque ? ACARIZAX… c’est pas un médicament, c’est une pub pour les riches. Les labos veulent te faire croire que tu peux tout régler avec un truc en plastique, pendant que les vrais traitements, les piqûres, sont délaissées. Et puis, tu penses vraiment qu’un truc qui fond sous la langue peut modifier ton système immunitaire ? C’est de la science-fiction avec un bon packaging.
Pastor Kasi Ernstein
janvier 27, 2026 AT 07:11Je vous avertis, mes frères et sœurs. Cette immunothérapie est une arme biologique cachée. Les laboratoires, en partenariat avec l'OMS et les gouvernements, veulent vous rendre dépendants de leurs protocoles. Les injections sont des nanotechnologies invisibles. Les comprimés contiennent des traceurs GPS. Ne laissez pas votre système immunitaire être réécrit. Dieu a créé votre corps pour se défendre. Ne le trahissez pas pour une pilule.
Diane Fournier
janvier 29, 2026 AT 05:27Je sais que tout le monde adore les comprimés maintenant, mais j’ai lu les essais de 2020. Les réductions de corticoïdes sont insignifiantes si on regarde les données brutes. Et puis, pourquoi personne ne parle du fait que les gens qui prennent les comprimés ont souvent des allergies multiples ? Ils ne sont pas éligibles. C’est juste un truc pour faire croire qu’on fait quelque chose. Moi, j’ai fait les piqûres. J’ai vu les résultats. Ceux qui disent que les comprimés sont mieux, ils n’ont jamais eu de vraie allergie.
Seydou Boubacar Youssouf
janvier 30, 2026 AT 18:14Et si tout ça n’était qu’une illusion ? Ce qu’on appelle « réapprendre à respirer », c’est juste notre cerveau qui s’habitue à croire qu’il n’y a plus d’allergie. L’immunothérapie, c’est une hypnose chimique. On ne change pas le système immunitaire, on le persuade. Et si la vraie guérison, c’était de changer de ville, de vivre en montagne, de respirer l’air pur ? On passe notre temps à modifier notre corps… au lieu de modifier notre environnement. Qui a dit que c’était notre corps qui devait changer ?
Nathalie Tofte
février 1, 2026 AT 07:32Il est important de noter que l’article contient plusieurs erreurs factuelles. Par exemple, l’étude d’Asperti (2024) ne cite pas une réduction de 42 %, mais 38,7 % (IC 95 % : 34,2–43,1). De plus, le terme « dose maximale » est mal utilisé : 6 SQ-HDM est la dose thérapeutique recommandée, pas une dose maximale. Et la mention « 70 % moins de risque d’asthme » provient d’une méta-analyse non publiée dans un journal à comité de lecture. Veuillez corriger ces inexactitudes avant de diffuser ce contenu.
Henri Jõesalu
février 3, 2026 AT 01:24les comprimes c’est de la merde j’ai essayé et j’ai eu une bouche qui brûlait pendant 3 semaines et j’ai tout arrêté. les piqûres c’est la seule vraie solution.