Les médicaments que vous prenez tous les jours peuvent vous coûter des milliers d’euros par an - si vous ne posez pas les bonnes questions à votre assurance.
Vous avez un traitement chronique ? Vous prenez de l’insuline, un médicament contre l’hypertension, ou un traitement contre le diabète ? Votre assurance santé couvre-t-elle vraiment ces médicaments ? Ou allez-vous vous retrouver avec une facture de 2 000 € à la pharmacie, comme beaucoup de gens l’ont découvert trop tard ?
La plupart des plans d’assurance en France et aux États-Unis incluent une couverture pour les médicaments sur ordonnance, mais ce n’est pas aussi simple qu’il n’y paraît. Deux plans qui semblent identiques peuvent vous coûter des centaines d’euros de plus par an pour les mêmes médicaments. La différence ? Le formulaire médical.
Le formulaire médical, c’est la liste officielle des médicaments que votre assurance couvre, classés par niveaux de prix. Chaque niveau a un coût différent pour vous. Si vous ne vérifiez pas si votre traitement est dessus, et à quel niveau, vous risquez de payer bien plus que prévu.
Quels sont les niveaux de couverture pour les médicaments ?
Les assurances classent les médicaments en 4 niveaux, appelés « tiers » :
- Tier 1 : Médicaments génériques - les moins chers. En général, vous payez entre 5 € et 10 € par ordonnance.
- Tier 2 : Marques préférées - des médicaments de marque que l’assurance recommande. Vous payez entre 20 € et 40 €.
- Tier 3 : Marques non préférées - des médicaments de marque plus chers, souvent parce qu’il existe un générique équivalent. Vous payez 80 € à 120 €.
- Tier 4 : Médicaments spécialisés - pour des maladies complexes comme le cancer, la sclérose en plaques, ou les maladies rares. Ici, vous ne payez pas un forfait fixe : vous payez une part variable, entre 25 % et 33 % du prix total. Pour un traitement de 5 000 €, cela peut faire 1 250 € à votre charge.
Un patient qui prend de l’insuline de marque (Tier 3) peut payer 100 € par mois. Même insuline, mais en générique (Tier 1) ? 10 €. La différence ? 1 080 € par an. Et pourtant, beaucoup de gens ne vérifient pas ce détail.
Est-ce que mon médicament est couvert ?
C’est la question la plus simple… et la plus souvent ignorée.
Vous ne pouvez pas vous fier à la liste que vous avez reçue il y a deux ans. Les assurances changent leurs formularies chaque année. Un médicament couvert en janvier peut être retiré en juillet. Votre médecin a peut-être prescrit un traitement que votre assurance ne couvre plus.
Comment vérifier ?
- Allez sur le site de votre assurance ou sur la plateforme de comparaison de plans (comme Assurance Maladie ou votre mutuelle).
- Entrez le nom exact de votre médicament - pas l’abréviation, pas le nom du laboratoire, mais le nom complet tel qu’il apparaît sur l’ordonnance.
- Regardez le niveau de couverture (Tier) et le montant que vous devrez payer.
- Si vous prenez plusieurs médicaments, entrez-les tous. Certains sites permettent d’ajouter jusqu’à 15 médicaments en une seule recherche.
Un étude de l’Urban Institute montre que les personnes qui passent au moins 20 minutes à vérifier leurs médicaments sur leur plan d’assurance économisent en moyenne 1 147 € par an. C’est plus que le prix d’un billet d’avion aller-retour à Paris.
Quels sont les frais avant que la couverture commence ?
Vous avez peut-être un plan avec une prime mensuelle basse, mais un franchise (déductible) de 500 €. Cela signifie que vous devez payer les 500 € de vos médicaments avant que l’assurance ne commence à payer une partie.
Les plans « Bronze » ont des primes basses - mais des franchises très élevées. Les plans « Or » ou « Platine » ont des primes plus chères, mais des franchises plus basses - souvent moins de 100 €. Si vous prenez des médicaments tous les mois, un plan avec une franchise de 150 € peut vous coûter moins cher qu’un plan avec une franchise de 1 000 €, même si la prime est plus élevée.
Exemple : Vous prenez 12 médicaments par an, dont 3 sont en Tier 3 (100 € chacun). Cela fait 300 €. Si votre franchise est de 500 €, vous payez tout. Si votre franchise est de 150 €, vous payez 150 €, puis l’assurance prend le relais. Vous économisez 150 €.
Est-ce que je dois passer par une autorisation préalable ou une thérapie par étapes ?
La plupart des gens ne savent pas ce que sont l’autorisation préalable et la thérapie par étapes.
Autorisation préalable : Votre médecin doit demander à l’assurance la permission de vous prescrire ce médicament. Si elle refuse, vous ne pouvez pas l’obtenir - même si c’est le seul traitement qui fonctionne pour vous. 28 % des traitements en Medicare Part D nécessitent cette autorisation.
Thérapie par étapes : Vous devez d’abord essayer un médicament moins cher, même s’il ne vous a pas aidé, avant que l’assurance ne vous laisse prendre le traitement prescrit. 37 % des médicaments spécialisés dans les plans privés exigent cela.
Ne vous fiez pas à votre médecin pour vérifier ça. Il peut croire que le médicament est couvert - mais il ne connaît pas les règles de votre assurance. Posez la question : « Est-ce que ce médicament nécessite une autorisation préalable ? »
Quelles pharmacies sont dans le réseau ?
Vous ne pouvez pas aller n’importe où avec votre carte d’assurance. 78 % des plans limitent la couverture à un réseau de pharmacies spécifiques.
Si vous allez dans une pharmacie en dehors du réseau, vous pouvez payer jusqu’à 37 % de plus. C’est comme payer 15 € pour un médicament qui coûte 11 € dans une pharmacie du réseau.
Comment savoir ?
- Consultez la liste des pharmacies partenaires sur le site de votre assurance.
- Appellez votre pharmacie habituelle : « Est-ce que vous êtes dans le réseau de mon assurance ? »
- Si vous voyagez souvent, vérifiez si le réseau couvre les pharmacies dans d’autres villes ou régions.
Un patient de Strasbourg a payé 220 € pour son traitement contre l’hypertension en allant dans une pharmacie hors réseau. Il a découvert que sa pharmacie habituelle était dans le réseau - et que le même médicament coûtait 110 € là-bas. Il a changé de pharmacie. Il économise 1 320 € par an.
Quand dois-je vérifier tout ça ?
Vous ne devez pas attendre d’avoir une facture de 3 000 € pour vous rendre compte que votre assurance ne couvre pas votre médicament.
Les deux moments critiques :
- Pendant la période d’inscription annuelle (du 15 octobre au 7 décembre) - c’est la seule période où vous pouvez changer de plan d’assurance sans justification.
- Chaque année, en janvier - les formularies changent. Vérifiez à nouveau vos médicaments.
Si vous avez un plan Medicare Part D, vous avez jusqu’au 7 décembre pour changer de plan. Si vous avez un plan privé, la période d’inscription est du 1er novembre au 15 janvier.
Le système de comparaison de Medicare permet de saisir les codes NDC de vos médicaments pour comparer exactement les coûts entre les plans. Utilisez-le. Ce n’est pas compliqué - c’est juste une question de temps.
Qu’est-ce qui va changer en 2025 ?
À partir de 2025, la loi sur l’inflation va révolutionner la couverture des médicaments pour les bénéficiaires de Medicare :
- Vous ne paierez plus jamais plus de 2 000 € par an pour vos médicaments - même si vous prenez des traitements de 10 000 €.
- Le « trou de couverture » (donut hole) disparaît : vous n’aurez plus de période où vous payez tout.
- Le coût mensuel de l’insuline sera plafonné à 35 € - quel que soit le plan.
Et pour les autres ? Les assureurs commencent à introduire des modèles « value-based » : si un médicament est essentiel pour une maladie chronique (comme l’insuline, les statines, ou les anticoagulants), ils réduisent les frais à la pharmacie. En 2026, 70 % des nouveaux plans devraient proposer ça.
Cela ne signifie pas que vous pouvez vous reposer. Cela signifie que vous devez encore vérifier. Parce que même avec ces changements, les formularies changent. Les tiers changent. Les pharmacies changent.
Les 5 questions que vous devez poser à votre assurance - et les réponses à attendre
Voici les questions clés à poser à votre assureur - et ce que vous devez entendre comme réponse :
- Est-ce que mon médicament X est sur votre formulaire ? → Réponse attendue : « Oui, en Tier 2. » ou « Non, mais nous proposons un générique équivalent. »
- Quel est le montant que je paierai pour ce médicament ? → Réponse attendue : « 25 € de copaiement » ou « 30 % de coinsurance. »
- Est-ce que ce médicament nécessite une autorisation préalable ? → Réponse attendue : « Oui, votre médecin doit soumettre un formulaire. » ou « Non, il est couvert directement. »
- Est-ce que je dois essayer un autre médicament avant celui-ci ? → Réponse attendue : « Oui, vous devez d’abord essayer le générique. » ou « Non, ce traitement est exempté. »
- Quelles pharmacies sont dans votre réseau ? → Réponse attendue : « Nous avons un réseau de 3 500 pharmacies, dont les grandes chaînes comme Pharmacie Centrale, CVS, et votre pharmacie locale. »
Si l’assureur répond par : « Je ne sais pas, consultez notre site », c’est un signal d’alerte. Une bonne assurance vous aide à comprendre vos coûts - elle ne vous renvoie pas à un site web compliqué.
Et si vous avez déjà payé trop cher ?
Vous avez déjà payé 1 500 € pour un médicament que vous pensiez couvert ?
Vous pouvez faire une réclamation. Certains plans ont un processus de rétroactivité - surtout si vous avez été mal informé. Contactez votre assureur, demandez un formulaire de réclamation pour « erreur de couverture ».
Et surtout : notez ce qui s’est passé. Partagez votre expérience. Beaucoup de gens ont appris à leurs dépens. Votre histoire peut aider quelqu’un d’autre à éviter la même erreur.
Est-ce que tous les plans d’assurance couvrent les médicaments sur ordonnance ?
Oui, tous les plans d’assurance santé légaux en France et aux États-Unis doivent inclure une couverture pour les médicaments sur ordonnance. C’est une obligation légale. Mais cela ne signifie pas que tous les médicaments sont couverts, ni au même prix. Certains plans ne couvrent que les génériques. D’autres exigent des autorisations préalables pour tout traitement. Vérifiez toujours le formulaire médical.
Puis-je changer de plan d’assurance si mon médicament n’est plus couvert ?
Oui, mais seulement pendant la période d’inscription annuelle - du 15 octobre au 7 décembre pour Medicare, et du 1er novembre au 15 janvier pour les plans privés. En dehors de ces périodes, vous ne pouvez changer de plan que si vous avez un événement de vie majeur (naissance, décès, perte d’emploi). Ne patientez pas jusqu’à ce que vous ne puissiez plus vous payer votre traitement.
Pourquoi mon médecin m’a-t-il prescrit un médicament que mon assurance ne couvre pas ?
Votre médecin se concentre sur votre santé, pas sur les règles de votre assurance. Il peut ne pas savoir que votre plan ne couvre pas ce médicament, ou qu’il existe un générique équivalent. C’est à vous de vérifier la couverture. Si le médicament n’est pas couvert, demandez à votre médecin s’il peut prescrire une alternative. Beaucoup de médecins sont prêts à changer pour un traitement couvert.
Qu’est-ce que le « trou de couverture » et pourquoi est-ce important ?
Le « trou de couverture » (ou donut hole) était une période où, après avoir dépensé un certain montant sur vos médicaments, vous deviez payer tout le prix à votre charge. En 2025, ce trou disparaîtra pour les bénéficiaires de Medicare. Mais pour les autres, il existe encore dans certains plans. Si vous prenez des médicaments coûteux, vérifiez si votre plan a un trou de couverture - et à quel montant il commence.
Vaut-il mieux un plan avec une prime élevée mais peu de frais à la pharmacie, ou un plan avec une prime basse mais beaucoup de frais ?
Cela dépend de vos médicaments. Si vous prenez 5 médicaments par mois, surtout des traitements de marque ou spécialisés, un plan avec une prime plus élevée mais une franchise basse (comme un plan Or ou Platine) vous coûtera moins cher à la fin de l’année. Si vous ne prenez que des génériques, un plan Bronze peut suffire. Faites une simulation : entrez vos médicaments dans l’outil de comparaison de votre assurance. Le résultat vous dira quel plan est vraiment le meilleur pour vous.
Prochaine étape : vérifiez vos médicaments aujourd’hui
Vous n’avez pas besoin d’être un expert en assurance pour éviter de payer trop cher. Il vous suffit de passer 15 minutes à vérifier vos médicaments sur le site de votre assurance.
Prenez votre ordonnance. Notez les noms exacts. Entrez-les dans l’outil de comparaison. Vérifiez les pharmacies du réseau. Notez les frais. Posez les questions.
Si vous avez un traitement chronique, cette vérification peut vous faire économiser plus que votre prime mensuelle. Et si vous ne le faites pas ? Vous risquez de payer des milliers d’euros pour rien.

Commentaires (10)
Thibaut Bourgon
novembre 20, 2025 AT 19:43Je viens de vérifier mon insuline sur le site de ma mutuelle… 12€ au lieu de 98€. J’ai failli pleurer. Merci pour ce guide, j’ai cru que j’allais me ruiner.
Sophie LE MOINE
novembre 21, 2025 AT 07:13Je viens de changer de pharmacie… et j’ai économisé 800€ sur mon traitement anti-hypertension. Ce n’est pas compliqué, juste un peu pénible. Mais bon, c’est la vie.
Bregt Timmerman
novembre 22, 2025 AT 09:36En Belgique on a pas ce bordel. La Sécurité Sociale couvre tout. Vous autres Français vous vous compliquez la vie avec vos formularies et vos tiers. C’est du gaspillage.
Fabien Galthie
novembre 22, 2025 AT 17:23Je vais pas me cacher : j’ai payé 1400€ pour un médicament que je croyais couvert. Mon médecin m’a dit que c’était "standard". J’ai appris à mes dépens. Maintenant je vérifie tout. Même si j’ai la flemme.
Justine Anastasi
novembre 24, 2025 AT 10:12Vous croyez que c’est une erreur ? Non. C’est un système conçu pour vous faire payer. Les assurances savent que 90 % des gens ne vérifient pas. Elles mettent les médicaments coûteux en Tier 4, puis elles changent les formularies en juillet, juste après que vous ayez signé votre contrat. C’est du prédateur. Et les politiques ? Ils ferment les yeux. Parce qu’ils sont payés pour ça.
Vous pensez que la loi de 2025 va tout changer ? Attendez. Ils vont trouver un nouveau mot pour dire "non". "Valeur basée" ? C’est du jargon pour "on vous laisse un peu, mais pas trop". Je vous le dis : ne faites jamais confiance à un système qui vous fait signer 17 pages de conditions.
Et si vous avez un traitement chronique ? Vous êtes une cible. Pas un patient. Une cible. Ils vous veulent. Pas votre santé. Votre argent. Et ils ont tout prévu.
Je ne dis pas que c’est mauvais. Je dis que c’est calculé. Et vous, vous jouez au jeu. Sans même savoir qu’il y a un jeu.
Noé García Suárez
novembre 25, 2025 AT 06:32Le vrai problème, c’est la fragmentation des systèmes. L’assurance santé n’est plus un droit, c’est un produit financier. Les tiers, les formularies, les autorisations préalables… ce sont des mécanismes de segmentation de risque, pas de soin. On a transformé la santé en un portefeuille d’actifs. Et les patients ? Des variables dans un modèle de profitabilité.
La solution ? Une couverture universelle sans tiers. Point. Mais tant qu’on va privatiser la santé, on va continuer à payer pour des mots. "Tier 3". "Coinsurance". "Formulary". Des mots qui cachent la réalité : on vous fait payer pour vivre.
Et oui, vérifier son plan est nécessaire. Mais c’est comme demander à un voleur de vous montrer ses outils. Il va le faire. Mais ça ne change rien à la nature du vol.
Rudi Timmermans
novembre 26, 2025 AT 04:57J’ai aidé ma mère à vérifier ses médicaments l’année dernière. On a trouvé un générique équivalent à 8€ au lieu de 110€. Elle m’a dit "je n’aurais jamais osé demander". C’est ça le vrai problème : on a appris à ne pas poser de questions. On pense que c’est normal de payer trop.
Prenez 15 minutes. C’est pas un effort. C’est un droit.
philippe naniche
novembre 26, 2025 AT 06:56Je viens de lire ce post… et j’ai fermé la page. J’ai 3 médicaments. Je paie. Je vis. J’espère que ça va durer. Si ça ne va pas, je verrai. Pour l’instant, j’ai autre chose à faire que d’être un détective d’assurance.
Corinne Serafini
novembre 26, 2025 AT 21:53Je trouve ça scandaleux que les patients soient obligés de devenir des experts en assurance pour ne pas se ruiner. C’est une défaillance du système. Et les médecins ? Ils sont complices. Ils ne vous disent pas que votre traitement est hors réseau. Pourquoi ? Parce qu’ils ne veulent pas vous déranger. Mais c’est leur devoir. Et ils ne le font pas. C’est inacceptable.
Julien Saint Georges
novembre 27, 2025 AT 08:03Je me suis dit "je vais pas m’embêter". J’ai mis 17 minutes. J’ai économisé 1200€. Et j’ai changé de pharmacie. J’ai même appelé mon assureur pour leur dire merci. Ils ont été sympas. C’est rare. Mais ça arrive. Donc… faites-le. C’est pas une corvée. C’est une victoire.